
Depuis quelques mois, un même langage s'impose dans les annonces techniques des fournisseurs de VPN, Rust, que Mullvad et ExpressVPN ont déjà adopté pour leurs applications. Proton VPN rejoint le mouvement depuis la mi-août 2026 avec Proton protocols, une nouvelle architecture destinée à remplacer wireguard-go, le composant qui gère jusqu'ici le protocole WireGuard, et dont la bêta est déjà ouverte sur Windows, Android, iOS, iPadOS et Linux.
Un problème d'intégration, pas de fiabilité
Wireguard-go est l'implémentation officielle de WireGuard, en Go, que Proton juge fiable et facile à auditer, si bien que le fournisseur suisse ne remet pas en cause sa solidité mais bien sa capacité à s'intégrer proprement. Le composant cohabite en effet mal avec les langages utilisés nativement sur chaque plateforme, comme Kotlin sur Android ou Swift sur iOS, et cette friction a des conséquences très concrètes. Les nouvelles fonctions mettent plus de temps à arriver, les bugs deviennent plus difficiles à suivre et la stabilité des applications peut en souffrir, particulièrement sur mobile, un grief que Mullvad avait déjà soulevé de son côté.
Un cœur unique, réutilisable sur toutes les plateformes
Au centre du dispositif se trouve libpvpnclient, une nouvelle version de WireGuard écrite en Rust. Son rôle est de chiffrer le trafic. Pour la partie chiffrement, la plus délicate, Proton est parti de BoringTun, une base éprouvée de Cloudflare, puis a reconstruit tout le reste lui-même.
L'avantage de ce moteur est qu'il ne dépend d'aucun système d'exploitation. Le même code équipe donc aussi bien un ordinateur qu'un smartphone. Chaque appareil reçoit juste une petite couche d'adaptation, ProTUN, chargée de faire le lien avec son système. Un second composant, LocalAgent, vérifie de son côté que la connexion est bien autorisée. Lui aussi a été réécrit en Rust.
Une protection dès la première connexion
Proton sécurise aussi une étape souvent négligée, la toute première connexion entre l'application et son API, celle qui a lieu avant même que le tunnel ne s'ouvre. Dans les pays qui filtrent le réseau, ce premier contact peut être repéré ou bloqué. Cela passe par le DNS, ou par la lecture du nom de domaine, transmis en clair au tout début d'un échange HTTPS.
C'est là qu'intervient muon, un composant chargé de protéger cette étape de façon automatique. Proton compte d'ailleurs l'étendre à ses autres applications, et pas seulement au VPN. La mise à jour apporte aussi deux nouveautés ciblées, le protocole anti-censure Stealth sur Linux et un kill switch avancé sur iOS.
Un chiffrement qui ne change pas
Aucune de ces annonces ne touche au chiffrement des données. Ce qui change, c'est la façon dont le protocole est écrit et exécuté, pas la protection qu'il applique.
Les concurrents suivent la même logique. Mullvad a présenté GotaTun en décembre 2025, sa propre version de WireGuard en Rust, elle aussi bâtie sur BoringTun. Déployée d'abord sur Android, elle arrivera sur les autres plateformes courant 2026.








